Baya ou porte-jarretelles à l’africaine

Chérie mets moi à l’aise !

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Les hommes et les femmes se séduisent avec un sourire, des mots, du parfum ou de la lingerie. Tout est bon pour laisser son empreinte à l’autre.

Pour séduire leurs maris, de nombreuses femmes africaines arborent avec fierté des bayas autour de la taille.

Kézako le baya?

Le baya ou bin-bin est un collier confectionné généralement en Afrique de l’Ouest avec des perles qu’on met  autour de la taille. Il ne s’agit pas là d’un simple collier… car le baya est aphrodisiaque. Oui, il stimule le désir sexuel ! 

Un souvenir me vient en tête. Un voyage. C’était en 2007. Je découvre pour la première fois le continent africain. Je suis au Mali, dans la capitale : Bamako. Je me soucie guère des mœurs de la société malienne – je suis une simple touriste. Me baladant dans les rues bamakoises, j’entends des filles qui ricanent tout en me regardant. Puis, une autre fille vient m’aborder me disant qu’on voit mon baya. C’est mal vu selon elle. Je m’empresse de le cacher sous mon tee-shirt… Bref. Léger malaise car j’ai transgressé une règle sur le baya, chose qui me paraissait sans aucune importance.

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Les 3 principales règles à savoir :

  • Régle n°1 : tu ne montreras ton baya à personne si ce n’est à ton mari.
  • Régle n°2 : pantalon taille basse tu éviteras afin qu’on ne voie pas ton baya.
  • Régle n°3 : grâce à ton baya ton mari tu garderas.  (d’après les on dit)

Vous l’avez bien compris, le baya a aussi une signification sexuelle.

Pourquoi aimer le baya?

  • Il offre un beau déhanché.
  • Il permet d’affiner la taille.
  • Le prix est abordable.

Certaines, imprègnent dans leur baya du thiouraye  ou du wusulan ( de l’encens préparé au Sénégal et Mali) pour que cela ait un effet sensuel.

 

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De l’encens à l’africaine.

Le baya n’est donc pas un tue-l’amour et en plus il fait le bonheur des vendeuses, des femmes et des hommes. D’ailleurs, la diva ivoirienne Aicha Koné dans son titre Baya fait l’éloge de cette ceinture de taille :

Yougouba baya youbouba ( secoue ton baya secoue)

deni la baya yougouba ( la fille secoue son baya)

soungourou bémin la tcheminan tchogo (l’astuce de la fille pour garder son homme)

Pourquoi les noirs courent vite?

Personne ne peut le nier. Les noirs courent vite. Au sprint, au marathon ou encore au basket, les noirs sont doués à ces sports. Le jamaïcain Usain Bolt nous l’a prouvé durant les derniers Jeux-Olypmiques de Rio. D’autres jamaïcains aussi nous l’on prouvé, les afro-américains également et les kenyans .

2016 Rio Olympics - Athletics - Semifinal - Men's 100m Semifinals - Olympic Stadium - Rio de Janeiro, Brazil - 14/08/2016. Usain Bolt (JAM) of Jamaica looks at Andre De Grasse (CAN) of Canada as they compete.  REUTERS/Kai Pfaffenbach  TPX IMAGES OF THE DAY FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS.   - RTX2KUAJ

Donc, je me suis posé cette question en regardant avec attention les épreuves d’athlétisme aux J-O, pourquoi courons-nous vite?

Plus jeune, j’avais deux théories que je vais vous dévoiler :

  • on cours vite car nous avons plus de globules que les occidentaux.
  • on cours vite car durant l’esclavage les noirs couraient avec toute leur âme pour fuir les négrier, donc nos ancêtres nous on donné ce don.

Bon, ces théories n’ont pas été vérifié … qui sait pour la seconde j’ai peut-être raison ?

Pendant les J-O, Usain Bolt m’a surprise. Il est trop rapide ! Il est à l’aise, on a comme l’impression qu’il ne souffre pas lorsqu’il court. Lors d’une épreuve de sprint, il faut le préciser tout de même un français ( (un blanc) je précise car un français n’est pas forcément blanc) Christophe Lemaitre est arrivé troisième face à Bolt. Bravo l’artiste ! Enfin un blanc au podium !

Je reviens au cas du noir, rire. Nous sommes rapides car d’une part, nous avons un taux de testostérone plus élevé que les blancs et, d’autre part, on a une musculation spécifique. Tout ça rien que pour nous. La génétique nous a gâté. Rien n’y fait, c’est scientifique. Le noir sera toujours le plus fort au sprint … sauf cas de force majeur.

 Maintenant, je vais classer quels types de noirs courent vite. Ceci est mon opinion – à prendre avec des pincettes. Les jamaïcains sont les numéros 1 car dans le pays, la culture de l’athlétisme est fort présente. Dès l’école primaire, les enfants pratiquent ce sport; d’ailleurs c’est en primaire que Bolt a été repéré. Les second sont les afro-américains. Les troisièmes sont les africains. En fait, pour les africains il y a deux types de coureurs. ET oui, le classement n’est toujours pas fini. Ici, je suis d’accord avec le journaliste Jon Entine auteur du livre Taboo : Why Black Athletes Dominate Sports And Why We’re Afraid. Pour lui, les meilleurs coureurs sont les Est-africains et les Ouest-africains. J’entends déjà les hurlements lol, même si chers lecteurs tu ne proviens pas de cette région je ne doute absolument pas de ta capacité à courir aussi vite que moi.

Les Est-africains en l’occurrence : éthiopiens, somaliens, djiboutiens, kenyans sont des as du marathon. Particulièrement les kenyans, car il y a beaucoup de centres d’entraînement là-bas et les enfants Maasaï marchent près de une heure par jour pour aller à l’école. Qu’il pleuve, qu’il vente ces enfants sont habitués à de longues distances. C’est un cas, je sais.

Les Ouest-africains sont plus rapides sur de courtes distances (400,200 ou 100 mètres). Moi, j’ai constaté durant ces J-O trois sprinteurs ivoiriens et une nigériane : ils courent vites les loulous ! Les Est-africains sont donc plus endurants tandis que les Ouest-africains sont plus rapides. Voilà, c’est dit on court vite.

Kenya : élection de Miss Bumpy Bum

Je vous le disais déjà dans le billet Ronde ou mince: quel canon de beauté? que beaucoup d’hommes noirs apprécient les femmes aux formes voluptueuses. Je vais encore vous le prouver. Figurez-vous qu’un concours inspiré du Brésil a fait irruption au Kenya. Il ne s’agit pas d’un concours de beauté comme les autres. C’est un concours de fesse, de bobaraba, de Bumpy Bum.

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Les candidates au défilé bikini.
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La gagnante.

La femme au derrière imposant remporte le titre de Miss Bumpy Bum. Tout au long de l’élection, le show est bien là. Artistes locaux, prestations scéniques, défilés des candidates en bikini ou string, vêtements extrêmement collés prêt du corps : tout est tout much.

Petit aperçu de concours pour les plus de 18 ans:

Que dire?

A vrai dire, je comprends pas comment on peut mettre en oeuvre une telle élection. Elle ne fait pas l’éloge de la femme si ce n’est que de faire saliver le public masculin en plein extase. Grosso modo, l’unique but de cette élection est de noter des fesses. D’accord. On me dira qu’il s’agira uniquement d’un divertissement. Je pense pas. Ce concours transmet un message dévalorisant de la femme. On a l’impression que la femme devient un objet, un objet maniable, un objet soumis. Elles sont certes libres de faire ce qu’elles désirent. Par contre, je pense aux conséquences de cette participation. Un peu de dignité …

Koffi Olomidé : Na za selfie !

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Peut-être que vous avez déjà écouté (ou étiez-vous contraints de l’entendre un peu partout) la chanson au fameux refrain « Ekoti te » sur Trace africa, Africa n°1, dans les mariages africains et les anniversaires. Si c’est le cas, je sais que avez fait un selfie avec votre portable dès ce refrain:

« Kanga photo! Zua ngai photo. To seka mukie. Buka kingo. Ekoti te. »*

La chanson de Koffi Olomidé Selfie a fait le buzz. Un buzz viral, bon pour les affaires du chanteur congolais.  En effet, la vidéo a atteint plus de 8 millions de vues. Je pense que c’est du jamais vu pour un artiste congolais. En même temps, vous me direz il s’agit de Koffi Olomidé l’artiste panafricain par excellence. Loi, Abracadabra son pedigree est immense. Il a pris la relève des anciens artistes congolais (mais ne les a pas remplacé ). Oui! Jeter un coup d’œil dans « Chassons en rumba les Mario » .

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, les buzz se créent rapidement. C’est le cas pour Selfie. La chanson a fait le buzz grâce au #EkotiteChallenge notamment :

Beaucoup de personnalités ont participé au #EkotiteChallenge comme Matt Pokora, Blaise Matuidi et une immense vague d’internautes. Même la police s’y met:

Koffi Olomidé ou ceux qui s’occupent de sa communication ont tout compris. Le buzz marketing de la chanson a été phénoménale. Il a juste suffit d’une créativité sans forcément dépenser un euro. Le pari a été gagné puisque non seulement ce #Ekotitechallenge a eu de nombreuses retombées médiatiques et au final la chanson a fait parler d’elle.

Prenons exemple sur Tonton Koffi oh !

*Prends moi en photo. Qu’on rigole un peu. Penche un peu ton coup. C’est pas enregistré.

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Amour, gloire et mèches brésiliennes : le trio gagnant.

Non, je ne vais pour vous parler d’une telenovela et encore moins d’un soap opera mais bel et bien des mèches brésiliennes.

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Ces mèches brésiliennes, indiennes, malaisiennes ou encore péruviennes qu’arborent de nombreuses femmes noires, dont moi, mais pas que. Vous souvenez vous du montant ahurissant des dépenses de la femme noire en faux cheveux ou « extension ». Certains diront que ce mot fera plus classe. Peu importe. Ce business fait des heureux et des heureuses. D’où ce titre digne d’un feuilleton télé « Amour, gloire et mèches brésiliennes ».

Amour, car les cheveux brésiliens ou indiens sont appréciés par leur finesse et leur qualité. D’ailleurs, personnellement je ne vois pas trop la différence entre ces deux types de cheveux … Par contre, ce qui est certains, c’est que dès que je vais au quartier de la Chapelle, à Paris je contemple les cheveux des sri-lankaises et des indiennes.

Amour, car que ferai-je sans mes brési ? Comme je les nomme si bien. J’exagère, je ne néglige jamais mes cheveux crépus, mais il est vrai que la tendance brésilienne m’a eu .

Gloire, car les entrepreneurs indiens et chinois qui dominent ce marché ne manquent pas de jugeote pour attirer une clientèle internationale notamment grâce aux différentes qualités de cheveux qu’ils proposent.

En effet, aujourd’hui ces cheveux sont exportés partout dans le monde. Le business ne cesse d’accroître car l’offre et la demande sont présentes.

Ne faudrait-il pas remercier le gouvernement indien pour ce business fructueux? Certainement. Auparavant, les cheveux récoltés dans les temples indiens étaient brûlés or, dans les années 90, le gouvernement a mis en place une loi interdisant de les brûler à cause de la pollution. Ainsi donc, la vente a été une excellente alternative face à cette restriction.

1 mariage et 1 lune de miel avec la kola

Qui n’aime pas bouger les reins dans les mariages ? Qui n’aime pas manger à gogo lors des mariages ? Moi, si.

Pourtant, avant ce moment de bonheur, tradition oblige, il faut nécessairement la kola. Méfiance! Je ne parle absolument pas de la boisson Kola, mais bel et un bien du fruit qui provient du kolatier.

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Des kolas jaunes et rouges bordeaux.

En Afrique de l’Ouest, région où l’on produit le plus cette noix, il détient une grande importance culturelle et sociale. En effet, ce fruit est convié à chaque grande cérémonie. Plus généralement, ce sont les groupes ethniques mandingues partageant une culture très similaire qui l’utilisent surtout lors des mariages, des fiançailles, des naissances tout comme les yorubas, les haoussas et les igbos du Nigeria.

Certes, je ne suis pas encore mariée, mais ce fruit depuis toute jeune je le vois au moins une à deux fois tous les trois mois chez moi. Ayant goûtée ce fruit, je n’apprécie absolument pas son goût amer. Or, mon père le mâchouille tel un chewing-gum. Comme on dit, les goûts et les couleurs ne se discutent pas, à chacun sa friandise.

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Revenons, à nos kolas.

Avant le mariage, le futur marié va acheter une grande quantité de kolas afin de les donner aux parents de la mariée. Quant à eux, ou plutôt la mère de la mariée elle s’occupe de diviser les kolas dans des sachets individuelles avec des pièces de monnaie et des bonbons. Le partage des kolas est alors distribué aux familles et aux amis lors d’une cérémonie qui va célébrer l’union. A vrai dire, je ne pourrai pas vous dire d’où vient cette tradition de donner la kola mais, je sais qu’elle demeure très ancrée encore aujourd’hui.

Langage hybride : un multiculturalisme à la française

 La France est doté d’un fort multiculturalisme. C’est ça qui fait sa richesse.

Ce multiculturalisme se manifeste dès lors qu’on traverse les rues parisiennes et banlieusardes. Oui, moi, en tout cas, à chaque coin de rue je le rencontre à travers des visages caucasiens, indiens, asiatiques, africains, antillais, turques, maghrébins etc… Ces rencontres quotidiennes m’ont permis d’en découvrir davantage sur ces différentes communautés avec qui nous cohabitons. En effet, en parcourant les rues du quartier de la Chapelle (XVIII ème arrondissement de Paris) j’ai pu découvrir les mets favoris des indiens, des sri-lankais; les parures que ces femmes arborent ou tout simplement, les secrets de beauté des indiennes à travers des discussions avec les vendeuses du quartier .

©Sarah Drenca

Le multiculturalisme tend donc à enrichir les connaissances de chacun d’entre nous. Le langage, lui subit une hybridation, un métissage. Si la France est un pays pluriculturel, il est évident que la langue française subisse des modifications.

Partons d’un fait tout simple. Quel est le point commun entre Niska et MHD ? Outre le fait qu’ils soient tous deux des rappeurs français d’origine congolaise pour l’un et guinéenne pour l’autre. Vous ne trouvez pas? Dans leurs chansons, ils utilisent un langage qui tire ses origines du français et de langues africaines.

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MHD
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Niska

Dans sa chanson intitulé N’ga tié abédi MHD s’imprègne du malinké (ou bambara) et du français. En effet, « N’ga tié abédi » signifie « mon gars comment tu vas? » en malinké. Tandis que Niska, lorsqu’il interprète son rap Matuidi Charo il mêle à la fois le lingala et le français notamment dans les paroles suivantes :

« Danse comme un charo, petit, ninguisa loketo* 
Donne-moi l’taro, j’vais pas t’hasba t’es vraiment paro
Paris Saint Germain, bando, Matuidi Charo
O pakoli tchoko* »

*Ninguisa loketo signifie « bouge tes reins » et *O pakoli tchoko veut dire « tu as mis de la crème éclaircissante ». La création d’un langage métisse se créée souvent par la langue maternelle qu’enseigne les parents dans le foyer outre le français, mais également par l’envie de faire valoir son côté pluriculturelle aux autres.

Prenons mon cas maintenant.

Déjà, le fait de côtoyer des personnes de divers horizons m’amène souvent à le ou la questionner sur la manière de dire tel mots dans sa langue. D’autre part, parfois des mots du lexique maghrébin s’impose à notre vocabulaire de manière involontaire ( je parle de mon cas et de mon entourage uniquement). Je m’explique, comme dit au départ j’habite une ville multiculturelle. Au collège et au lycée, ,toutes les origines se confondaient, c’est à partir de là que des mots m’ont envahi naturellement. Voici des exemples de mots très courants dans le langage métisse issue du lexique maghrébin:

  • Je suis trop zeref (énervé) j’ai loupé mon bus !
  • Beleck  (attention) à ton portable !
  • Il est au hebs (prison) là.
  • Zarma, (Genre) il a un I phone 6.

Ces mots je les ai entendues ou dit. Désormais, je crée mon propre langage qui mêle souvent au français des mots africains :

  • Elle a vimba.(gonflé en lingala, langue parlé dans les deux Congo mais employé ici dans le sens de grossir)
  • Tu l’as kouman (parler en bambara/malinké) aujourd’hui ou pas ?
  • Tu es zoba (bête en lingala) toi !

Nos fréquentations, notre entourages vont jouer sur notre langage qui peut subir une mutation.

Victor Démé : la perte d’une voix poignante

 

© David Commeillas
© David Commeillas

Tout abord, je m’excuse de ne pas avoir rédigé des mots pour Victor Démé. Victor Démé était un chanteur talentueux, burkinabé décédé en septembre 2015. C’est en ayant écoutée avec pleine de tristesse son second album, que je me suis dis que je devais absolument faire un hommage à cet homme.

 

Sa voix, ses mélodies ne pourront plus être écoutées de manière spontanée dans un concert. Cependant, même si un artiste meurt, il laisse toujours ses empreintes.

  • Qui était l’artiste?

Victor Démé est né à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) en 1962. Sa mère était une griotte mandingue, quant à son père il fut un tailleur. Continuant sur  la lignée de ses parents, Victor Démé devient à son tour chanteur et parallèlement à cela il se forge une carrière de tailleur. C’est particulièrement dans les années 90 en Côte d’ivoire, capitale de la musique ouest africaine qu’il débute sa carrière de chanteur.

2008 est l’année de sa consécration. Son premier album  « Victor Démé » se vend à plus de 40 000 exemplaires; de là sa carrière prend une ampleur phénoménale et internationale.

En 2014,  » Djon Maya » titre d’une de ses chansons a été remixé par le duo électro Synapson. Succès garantit, le remix « Djon Maya Mai »  fait plus de 4,9 millions de vue sur Youtube !

Victor Démé devait sortir son troisième album, mais malheureusement le paludisme ne l’a pas épargné.

L’excision, une fin toujours utopique.

Je me souviens du jour où j’ai appris la définition du mot excision.

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©Titouan Lamazou

Si ma mémoire est toujours bonne, c’était en fin de primaire ou début de collège. Avec ma classe,  nous étions allés au cinéma de ma ville pour voir le film Moolaadé du sénégalais Sembene Ousmane. Ce film traite de l’excision mais plus particulièrement celle commise en Afrique de l’Ouest.

Je ne vais pas vous narrer tout le scénario du film, cependant ce que je peux vous affirmer c’est qu’il y a un scène qui m’a bouleversée voire meurtri le cœur. Il s’agissait d’une scène où des femmes âgées arborant des tenues rouges et des colliers similaires marchaient d’une marnière déterminée afin de récupérer des fillettes pour les exciser. Malgré les pleurs des fillettes, en vain ces femmes sordides étaient visiblement prête à aller jusqu’au but pour honorer la tradition. Mais …

Les exciseuses qui m'ont fait pleuré les voilà !
Les exciseuses qui m’ont fait pleuré les voilà !

                    Le film à voir ici pour connaître la suite… 

D’ailleurs malheureusement encore aujourd’hui cette pratique perdure à cause de trois facteurs : social, religieux et culturel. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 130 millions de femmes et filles ont subi l’excision.

Qu’est ce que l’excision ? Pour Excision parlons en  l’excision « recouvre toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes sexuels externes de la femme ou autre lésion des organes sexuels féminins. » Pourquoi l’excision a-t-elle autant du mal à se stopper? A mon humble avis, ce sont certaines mentalités qui demeurent figées malgré les énormes campagnes de sensibilisations mises en place par des associations et des ONG. .

Si je rédige ce billet, c’est aussi parce qu’après avoir lu le livre Le Pacte d’Awa truffé de témoignages relatant de près ou de loin l’excision je me suis dit que je devais mettre en lumière cette mutilation barbare sur ce site. Les excisées témoignent à cœur ouvert de leur passé qui hante désormais leur présent. Durant la lecture du premier chapitre une phrase à la page neuf m’a interpellé : « [… ] les enfants naissent tous androgynes, à la fois fille et garçon. Pour devenir femme et homme, il faut passer par une pratique symbolique de purification : on enlève la part masculine de la part féminine en coupant son prépuce. ». C’est Sophie qui raconte ça. Malienne, issue de l’éthnie dogon, Sophie s’est faite excisée à l’âge de huit ans sous pression sociale car pour appartenir à sa communauté, les filles doivent impérativement se faire exciser.

 

Americanah le roman à lire !

 

Americanah-CoverAmericanah  est un roman écrit par Chimamanda Ngozie Achichie.  On m’a conseillé ce bouquin, donc je l’ai acheté. Bref, j’ai hâte de le terminer. D’ailleurs je vous recommande également ce livre écrit par la même auteur  Half of a Yellow sun  (le film est également en streaming🙂 ).