On se cultive

Griot de l’époque au griot atalaku

 

Chez les maliens, le griot ou djéli, a une place prépondérante.

 

Dans la société malienne, le griot est convié pour de nombreux événements : mariages, baptêmes, fêtes etc. Il y aura toujours un griot pour faire une prestation. Probablement avec toute son équipe de griots d’ailleurs. Cependant, aujourd’hui, je constate que beaucoup de personnes évitent les griots. Ou du moins tentent de ne pas les convier à leurs événements. Même si le bouche à oreille va très vite.

Dernièrement, j’assistais à un mariage malien-algérien. La mère de la mariée (malienne) a tout fait pour qu’il n’y ait aucun griot au mariage. Elle a insisté en répétant maintes fois au dj : « tu donnes mon micro à personne ! ».

Ce n’est pas tout. En 2016, j’étais à un baptême ivoirien. La tension entre le dj et les griots était enflammée. D’un coté, on a un dj qui veut mixer, et de l’autre, des griots qui veulent s’accaparer le micro. S’accaparer le micro, pour de l’argent. J’en suis sûre.

Le griot d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui de l’époque.

Ce griot qui n’était pas forcément à l’affût de l’argent.

Ce griot qui faisait la promotion de l’art oratoire.

Ce griot qui connaissait réellement son rôle.

J’ai en tête l’image d’un griot. Une voix éloquente, chantant sous l’air d’une flûte en bois, d’un balafon ou d’une kora des louanges de familles, des histoires.

Adieu, tout ça.

Désormais, une nouvelle génération de griot a vu le jour : les griots atalaku.

Un atalaku, c’est lorsqu’on dit votre nom dans une musique. On ne fait pas forcément votre éloge, mais votre nom est évoqué dans ces chansons. On en trouve énormément dans les musiques congolaises, mais pas que. Dans de nombreuses chansons ivoiriennes aussi,  on entend très souvent le nom du journaliste et animateur Claudy Siar. Le nom Hamed Bagoyogo, ministre ivoirien, est lui souvent prononcé dans les musiques congolaises.

Le site Waza, nous donne une définition de l’atalaku :

L’artiste Damien Aziwa, s’explique : « Il s’agit d’un mot tiré de la langue Kikongo parlée par l’ethnie Kongo qui peuple la province du Bas-Congo en RDC, mais que l’on retrouve également au Congo-Brazzaville, en Angola et au Gabon ». « Atalaku » signifie tout simplement « regarde ici », conclut ce musicien de France, qui se prépare à sortir un disque.

Il y a une similitude pour celui qui fait de l’atalaku ou qui fait du djéliya (griot) : un nom est évoqué. Les griots d’aujourd’hui disent plus le nom des personnes qui leur on offert des cadeaux, des pagnes, de l’or ou de personnalités.

Le président du Congo Brazzavile, Sassou Nguesso a -t-il été pris au dépourvu ? Les griots chantent son nom. Il donne de l’argent.

 

 

Le griot qui chante pour cette dame est assez connu au Mali. Il fait souvent des prestations avec la chanteuse Babani Koné. La vidéo en dit long sur la recette reçue : 3000 euros. Cette somme fait froid dans le dos.

Griot, le meilleur métier pour les africains ?

On se cultive

Homme d’Afrique : Soundiata Keita

A l’inverse du discours de Dakar, de Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, qui annonce que l’Africain n’est pas assez entré dans l’histoire, moi je sais qu’il a tort.

Soundiata Keita, est par exemple un personnage phare de l’histoire africaine. Tout comme Kunta Kinté. Par ailleurs, c’est à cette époque que la première déclaration des droits de l’Homme  la Charte du Manden a été réellement créée.

Soundiata Keita, roi de l’empire mandingue raconté dans le film Keita! l’héritage du griot de Dani Kouyaté réalisé en 1994.

 

 

 

 

La femme noire

L’excision, une fin toujours utopique.

Je me souviens du jour où j’ai compris la définition de l’ excision.

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©Titouan Lamazou

Si ma mémoire est  bonne, c’était en fin de primaire ou début de collège. Avec ma classe,  nous étions allés au cinéma de ma ville pour voir le film Moolaadé du sénégalais Sembene Ousmane. Ce film traite de l’excision mais plus particulièrement celle commise en Afrique de l’Ouest.

Je ne vais pas vous narrer tout le scénario du film. Par contre, ce que je peux vous affirmer c’est qu’il y a une scène qui m’a bouleversé voire meurtri le cœur. C’était une scène où des femmes âgées arborant des tenues rouges et des colliers similaires marchaient d’une marnière déterminée afin de récupérer des fillettes pour les exciser. Juste pour honorer la tradition.

Les exciseuses qui m'ont fait pleuré les voilà !
Les exciseuses qui m’ont fait pleuré les voilà !

                    Le film à voir ici pour connaître la suite… 

Malheureusement, encore aujourd’hui cette pratique perdure à cause de deux facteurs : social et culturel. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 130 millions de femmes et filles ont subi l’excision.

Qu’est ce que l’excision ? Pour Excision parlons en  l’excision:

« recouvre toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes sexuels externes de la femme ou autre lésion des organes sexuels féminins. »

Pourquoi l’excision a-t-elle autant du mal à se stopper? Je pense que se sont les mentalités qui demeurent figées malgré les énormes campagnes de sensibilisation mises en place par des associations et des ONG.

Si je rédige ce billet, c’est aussi parce qu’après avoir lu le livre Le Pacte d’Awa truffé de témoignages relatant de près ou de loin l’excision je me suis dit que je devais mettre en lumière cette mutilation barbare sur ce blog. Les excisées témoignent à cœur ouvert de leur passé qui hante désormais leur présent. Durant la lecture du premier chapitre, une phrase à la page neuf m’a interpellé :

« [… ] les enfants naissent tous androgynes, à la fois fille et garçon. Pour devenir femme et homme, il faut passer par une pratique symbolique de purification : on enlève la part masculine de la part féminine en coupant son prépuce. ».

C’est Sophie qui raconte ça. Malienne, issue de l’éthnie dogon, Sophie s’est faite excisée à l’âge de huit ans sous pression sociale car pour appartenir à sa communauté, les filles doivent impérativement se faire exciser.

 

Ça se passe chez moi

#JesuisNigériane

Dimanche 18 janvier 2015 a eu lieu à l’Esplanade du Trocadéro, à Paris une manifestation pour dénoncer les assassinats perpétrés par la secte Boko Haram au Nigéria.

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©LP/PHILIPPE LAVIEILLE

Comment le Nigéria, première puissance économique d’Afrique et doté d’une culture mainstream dans tout le continent peut-il être submergé d’attaques meurtrières au quotidien par une secte?

Depuis 2002 maintenant ce groupe arrache la vie d’innocents pour leur propre intérêt. Ce serait en vertu de l’islam qu’il agirait ainsi. A mon sens non. L’islam qui défend des valeurs telles que la paix, la tolérance, le partage et l’entraide ne peut être assimiler à Boko Haram. Il n’existe qu’un seul islam et non pas un islam spécifique à des criminels.

Qui leur fournit des armes? Comment un groupe d’hommes arrive-il à semer la zizanie au Nigéria et peut-être bientôt dans toute l’Afrique?

Ça se passe chez moi

Blaise Compaoré ou l’indétrônable détrôné.

Les Burkinabés l’ont chassé. La rue a chassé son président.

Blaise Compaoré, est aujourd’hui le président démissionnaire du Burkina Faso le fameux pays des Hommes intègresL’homme dont la longévité politique fut l’une des plus éternelles au monde : 27 ans au pouvoir! Néanmoins, d’autres dirigeants africains restent toujours éperdument assis confortablement sur leur chaise : Teodoro Obiang Nguema 35 ans de longévité à son actif ou encore son confrère Paul Biya 32 ans au pouvoir …

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Reuters

Revenons en au fait. Blaise Compaoré arrive au terme de son mandat, mais ne (re)connaissant pas la démocratie où plutôt ne l’appliquant pas assez il souhaite modifier l’article 37 de la Constitution qui l’ empêchera de renouveler son mandat.  Le 21 octobre 2014 c’est l’hécatombe, le gouvernement annonce la promulgation du projet de loi .

Aujourd’hui, le 31 octobre 2014, c’est un jour sombre et ensoleillé à Ouagadougou. Après le « printemps arabe » c’est le « printemps africain ».

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Aujourd’hui Compaoré démissionne. Le peuple a parlé : manifestations, cris, heurts ont fait éjecté du trône Compaoré l’indétrônable. Il s’est accroché au pouvoir avec triomphe mais l’épilogue reste vif. Les Burkinabés ont montré l’exemple je dirai même plus,  la voie pour l’Afrique : ne jamais cesser de manifester !

Quant à Blaise Compaoré  il n’y a que cette caricature qui peut prédire son avenir  :

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Damien Glez

On se cultive

Nollywood Story

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« Today na Today », « Wahala«  voici les mots qui me surviennent à l’esprit lorsque l’on parle du Nigéria, sans oublier le fameux Jollof Rice.

Evidemment, je ne peux faire l’impasse sur le phénomène Nollywood. Aujourd’hui le Nigéria c’est 1: la première puissance d’ Afrique, 2: le deuxième producteur de film au monde, 3: environ 50 films produits par semaine, 4: de la bonne musique naija qui nous fait vibrer les oreilles et pour finir 5: un des pays les plus peuplé au monde.

Tout ça rien que pour le Nigéria NA WA OH   !

Bref, le Nigéria a su imposer sa culture mainstream dans tout le continent notamment par ses films et sa musique afrobeat.

Pourquoi tant de convoitise pour ce cinéma ?

D’une part, les films nigérians ont réussi à traverser les frontières au delà des limites nigérianes. Oui oui, cet art populaire plaît par son authenticité. Cette culture mainstream locale est aujourd’hui sollicitée et appréciée dans tout le continent africain et sa diaspora. La mondialisation culturelle domine souvent sur la diversité culturelle, mais Nollywood a su se distinguer en diffusant sa propre production cinématographique et ceci uniquement qu’avec des milliers d’euros et peu de salles de cinéma au Nigéria.

D’autre part, le cinéma nigérian crée une émotion. En tant qu’africaine, lorsque je regarde leur film je ressens un effet de proximité. Tout simplement car ce cinéma traite de sujets africains, des mœurs africaines en l’occurrence : la sorcellerie, la trahison, la rivalité, le mystique … Ce melting-pot de sujet  accompagne l’ africain au quotidien de près comme de loin.

J’espère que ce cinéma pourra émerger et fleurir au niveau internationale car il le mérite amplement malgré la  piraterie qui jaillit en Afrique.

La femme noire

Marabouts et Femmes

 

C’est après avoir reçu un énième flyer d’un certain « Daniel Diakhaby » dans ma boîte aux lettres que j’ai voulu m’attaquer aux marabouts… bien sûr, de loin. Je crains leur menaces, on connaît leur réputation !

Voilà un des flyers reçu dans ma boîte au lettre.
Voilà un des flyers reçu dans ma boîte au lettre.

Du Burkina Faso, en traversant le Mali, en faisant une escale en Côte d’ivoire et en atterrissant au Sénégal, les femmes de l’ouest ont une attention très particulière pour ne pas dire addiction aux marabouts. Mais, malgré les maintes mises en gardes faites à celles-ci à propos des vrais marabouts et les marabouts-escrocs, certaines sont têtues et n’écoutent aucun avertissements. D’ailleurs, pourquoi la gent féminine consulte le plus les marabouts ? Tout simplement pour régler des problèmes de couple, tels que fidéliser leur mari, piétiner leur rivale, un désir d’ascendance professionnel… Distinguons les « vrais » des « faux » marabouts. A priori, le vrai ne vous veut aucun mal. Il cherche à amener des aboutissements à vos problèmes. Ses outils de travail sont la plupart du temps  des cauris, du sable, le Coran et bien évidemment  les génies. Quant aux faux marabouts, je les décrirai comme escroc. Leur quête primordiale est de soutirer le maximum d’argent à leur cliente et d’ abuser d’ elles.

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On en parle?

Les femmes naïves, faibles, fragiles finissent par être les proies de ces prédateurs. 

 

Ça se passe chez moi

Les Dozos : force du mal ou force du bien ?

Des dozos de Côte d'Ivoire.
Des dozos de Côte d’Ivoire.

Etant originaire d’Afrique de l’ouest, où communément du peuple mandingue,  jétais intriguée par des hommes qu’on appelle les Dozos.

Ils  m’intriguaient de par leur rite et tradition.  Avant tout, une petite explication s’impose. Les Dozos (littéralement en  bambara celui qui rentre chez lui après avoir chassé en forêt) sont principalement présents en Afrique de l’Ouest : Mali, Burkina Faso, Côte d’ivoire et Guinée Conakry. Totalement interdit aux femmes, c’est un groupe d’hommes  puissants et très anciens. « Ils sont des maîtres de forces occultes, spécialistes de la faune et de la flore, chasseurs, guérisseurs, guerriers, gardiens de traditions, musiciens. » Les Dozos détiendraient des pouvoirs et seraient invulnérables face aux balles. Ma foi.

Force du mal ou force du bien,  ils seraient  dotés de pouvoirs mystiques.. Le surnaturel, le mystique n’est pas simplement dû au hasard.Certains phénomènes restent non expliqués par la science, alors fatalité ou déterminisme ?