On se cultive

Le meilleur coiffeur de Harare, un roman décoiffant !

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Tendai Huchu, Le meilleur coiffeur de Harare, Editions Zoé, 2014

Le meilleur coiffeur de Harare est le premier roman du zimbabwéen Tendai Huchu, publié aux Editions Zoé.

Tout au long du roman, Tendai Huchu nous plonge dans son Zimbabwe natal. Le meilleur coiffeur de Harare dresse un tableau amer du Zimbabwe, pays méconnu. Le livre dénonce de façon décoiffante le Zimbabwe d’ aujourd’hui en dénonçant corruption, dictature et homophobie. Ce pays est gouverné depuis 1980 par  Robert Mugabe, qui a récemment affirmé que les homosexuels devaient être castrés. L’homosexuel est perçu comme un criminel au Zimbabwe, et  Le meilleur coiffeur de Harare aborde le thème de l’homosexualité.

Vimbai, 27 ans, est la meilleure coiffeuse du salon de Madame Khumalo. Elle se distingue des autres : « Pour être une coiffeuse prisée, il n’y a qu’un secret et je ne l’ai jamais caché à personne : lorsqu’elle quitte le salon, votre cliente doit avoir la sensation d’être Blanche. » Coiffeuse aux mains de  fées, Vimbai reçoit le plus gros salaire du salon de coiffure, jusqu’au jour où Dumisani est recruté. Dumisani va rapidement détrôner Vimbai et obtenir le statut du meilleur coiffeur de Harare. 22 ans, bel homme et séduisant, Dumisani plaît aux femmes. Son art pour la coiffure féminine attire les ministres du pays au salon « Khumalo Coiffure et Soins de Beauté ». La rivalité naissante de Vimbai envers Dumisani va se transformer en amitié ambiguë. Elle accepte pourtant de l’héberger chez elle où vit sa fille Chiwoniso 7 ans et la bonne Madei. Liés désormais pour le meilleur et pour le pire, les deux amis détiennent des secrets intérieurs profonds qui s’avèrent tabous dans la société zimbabwéenne. Or tout les sépare – Dumisani est issu d’un milieu très aisé tandis que Vimbai vient d’un milieu modeste. Dumisani devient soudainement la proie à abattre dans un climat homophobe …

L’auteur nous transporte dans l’univers des personnages grâce à son style d’écriture. La narratrice, Vimbai et les autres personnages de l’histoire s’expriment avec spontanéité. Cette spontanéité est encouragée par le biais de l’utilisation fréquente du shona, langue principale du Zimbabwe : « Pour faire la distinction, ces noms ont été shonarisés : Highfields est ainsi devenu Highfrizi, Hatcliffe Hatikirifi. ». Ce ton implique le lecteur car il lui permet d’identifier la personnalité des personnages : « Je  regardai le journal de Dumi par terre. La petite silhouette de ma fille reste là encore un moment, puis la porte se referma. DUMI EST HOMOSEXUEL – Ngochani. ». Le style d’écriture et le ton du texte apportent du palpitant, de l’humour et du rythme au roman.

Entre joie, pleurs, amour, tristesse et solitude le roman s’avère un récit engagé et dénonciateur du Zimbabwe. Il évoque la vie réelle, le calvaire des zimbabwéens au monde par la littérature.

Coup de cœur de la rentrée littéraire 2014, Le meilleur coiffeur de Harare est un roman à lire absolument !

3 commentaires sur “Le meilleur coiffeur de Harare, un roman décoiffant !

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